À la découverte des femmes poètes

Elles s’appellent Gabriella Mitral, Marina Tsvetaïeva, Ovida Delect ou Sadako Kurihara. Elles sont chilienne, russe, française et japonaise et leurs noms, trop souvent tus, ont résonné, en cet fin d’après-midi d’été au Fort de Condé. Grâce à l’entremise de la compagnie Rêvages et son spectacle Un ver dehors.

Elles s’appellent Gabriella Mitral, Marina Tsvetaïeva, Ovida Delect ou Sadako Kurihara. Elles sont chilienne, russe, française et japonaise et leurs noms, trop souvent tus, ont résonné, en cet fin d’après-midi d’été au Fort de Condé. Grâce à l’entremise de la compagnie Rêvages et son spectacle Un vers dehors. Le duo, composé de l’actrice, Sarah Lecarpentier qui écrit de la poésie depuis ses 17 ans, et du pianiste Simon Barzilay, a proposé, épaulé par les comédiens Thomas Baelde et Jérôme Bultez, de porter les textes de ses poétesses hors des cercles d’initiés.

Avec une mise en scène minimaliste mais forte (la scène est démarquée grâce à aux livres de poésie les plus populaires, tous écrits… par des hommes), le quatuor a, pendant un peu moins d’une heure, transporté les 30 curieux venus découvrir ce spectacle intitulé Un vers dehors. C’est pendant le confinement que Sarah, qui en a profité pour lire beaucoup de poésie, s’est rendu compte que la majorité des textes qui passaient entre ses mains étaient écrits par des hommes. La comédie s’est donc mise en quête de poétesses, aux vies engagées et ainsi qu’est né ce spectacle proposé au fil des Hauts-de France jusqu’au 25 septembre.

UN VERS DEHORS de la Cie RÊVAGES from Association Carmen on Vimeo.

La représentation débute par un petit quizz. Le public choisi un continent, puis la compagnie, un pays. Un des acteurs lit une courte biographie, tentant de faire deviner aux spectateurs le nom de la poétesse en question. À Chivres-Val, dans l’Aisne, on s’y connait en poésie, puisque deux poétesses sur les quatre ont été démasquées par l’auditoire. Vient ensuite le temps de la déclamation d’une œuvre de l’artiste, subtilement accompagnée au piano.

La deuxième partie met les œuvres de Sarah Lecarpentier à l’honneur. Avec une obligation pour les spectateurs : retenir un mot qui les aura marqué, au fil de la poésie. Le public joue le jeu, les mots fusent, pour obtenir, à la fin, une dizaine de noms aussi divers que vanille, route, horlogerie ou dimanche. Une farandole disparate à partir de laquelle Sarah doit improviser une poésie. Challenge réussi. Le public est conquis. “Je me suis beaucoup amusée, le côté interactif est très sympa”, confie Céline. “Ça nous permet de découvrir des personnalités du monde entier, avec des parcours intéressant, ça nous fait voyager”, glisse Corinne, “et puis la deuxième partie plus ludique contrebalance parfaitement avec la première partie.”

Le mot de la fin reviendra à Christelle : “La présence du piano donne une belle profondeur au texte. On repart vraiment avec l’envie de retourner vers de la poésie.” Pour la compagnie Rêvages, le pari semble réussi.


Réalisation : Clémence Leleu

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