Présenté par la compagnie Circographie, le spectacle Trajectoires était joué le vendredi 17 juillet dans le village de Laventie. Cette proposition, avec cinq interprètes à la fois jongleurs et danseurs, traversait plusieurs bâtiments avant de parcourir différents espaces du Parc du cœur de ville.



Le village de Laventie est calme en cette fin d’après-midi du vendredi 17 juillet. Il fait encore très chaud et petit à petit, des spectateurs rejoignent le Parc du cœur de ville. Les cinq interprètes de la compagnie Circographie commencent alors leur spectacle au pied de l’église. Et durant trois quarts d’heure, ils vont se balader, jonglant avec leurs massues ou leurs balles, et proposant des moments chorégraphiés.
« Nous avions reçu des photos en amont, du parc, des bâtiments », explique Asaf Mor, chorégraphe et jongleur de la compagnie. « Puis nous sommes venus en fin de matinée pour faire des repérages. Nous avons alors construit le spectacle, scène après scène, en trouvant les endroits les plus adaptés dans ce parc qui est grand. Certaines parties du spectacle sont écrites, mises en scène. D’autres laissent place à l’improvisation. Nous avons réfléchi aussi où allait se placer le public, notamment pour qu’il puisse être à l’ombre. »
Suivis par une trentaine de spectateurs, Asaf, Timoté, Matias, Pierre et Marceau, les cinq jongleurs et danseurs, rejoignent ensuite le Manoir Sainte-Paule, dans lequel va se dérouler la suite de la déambulation. « Nous avons déjà joué ce spectacle Trajectoires une quinzaine de fois, lors de deux éditions précédentes de Plaines d’été et lors d’une édition de Plaines Santé », précise Asaf Mor. « À chaque nouvelle représentation, nous réfléchissons à des parties plus écrites et nous intégrons au fur et à mesure des petits bouts de Fractures, un autre spectacle de la compagnie. Trajectoires était plus improvisé quand nous avons démarré cette proposition et elle est plus écrite maintenant. Nous l’enrichissons petit à petit et on réfléchit encore à de nouvelles idées. »


Une des idées du jour va être de jouer avec le grand escalier en bois du Manoir Sainte-Paule. Les enfants s’assoient par terre et assistent à une séquence plutôt drôle. Le jongleur joue avec ses balles et pour finir son intervention il lance très haut une balle… mais elle ne redescend jamais. Alors qu’il regarde en haut et attend quelque secondes, c’est tout un déluge de balles qui tombe alors. Les enfants rigolent de cette situation. Puis deux autres interprètes descendent l’escalier tout en jonglant avec leurs massues. Et un troisième interprète arrive, lui, par l’ascenseur, de l’autre côté de la pièce, en jonglant avec beaucoup de dextérité dans cet espace restreint.


Tout le monde, artistes comme spectateurs, sortent ensuite du manoir et rejoignent le bâtiment juste en face, la médiathèque. Sur le parvis, puis dans une salle de l’établissement, les interprètes jouent avec leurs massues. Ils s’amusent à empiler les objets et à trouver des points d’équilibre. Là encore, la performance est aussi de jouer dans un espace intimiste, au plus près du spectateur.




La suite de la déambulation a lieu maintenant dans le parc. La troupe de jongleurs utilisent plusieurs endroits du jardin pour proposer différents scènes, différentes séquences. Les interprètes utilisent un banc, un muret, comme support de leur jonglerie. Les massues et les balles volent, voltigent, avec souvent des gestuelles chorégraphiques qui appuient ces moments de performance aérienne. La trentaine de spectateurs suit les jongleurs jusqu’au fond du parc. Tous ensemble, ils remontent la petite rue Berthe Morisot pour se retrouver au bord d’un lac.


Les interprètes jonglent alors au milieu de la rue, arrêtant la circulation pendant quelques instants. Puis les spectateurs se positionnent sur un ponton, tandis que les jongleurs rejoignent une île. Sur ce nouvel espace et à distance, ils proposent le final de leur déambulation avec des moments de jonglerie tous les cinq ensemble dans un ballet plein d’adresse et de fantaisie.




Le public est complètement conquis. Comme Delphine, qui est venue de Steenwerck avec son mari Gautier et leurs deux enfants : « C’était sympa et décontractant de bouger derrière les artistes. Nous sommes parmi eux, il y a une proximité, ça change des spectacles dans une salle. En plus, ce n’est pas que de la performance, le spectacle est assez chorégraphique. Ce genre de spectacles, cela nous permet aussi de visiter des villages, de voir le patrimoine. » Gautier est tout aussi enthousiaste : « C’était très original comme spectacle, et drôle ! Souvent, je trouve ça répétitif et ennuyant. Et là, pas du tout, surtout avec cette déambulation dans les bâtiments et dans le parc. » Les deux enfants du couple ont apprécié des moments en particulier. « J’ai bien aimé la fin du spectacle quand les jongleurs étaient sur l’île », raconte Marius, 10 ans. « Pendant tout le spectacle, ils étaient très forts dans leur façon de jongler : ça m’a impressionné quand ils envoyaient leurs massues en l’air. » Sa petite sœur, Elsa, 8 ans, a choisi un autre instant : « Moi, j’ai bien aimé le jongleur dans la maison. C’était très bien ce moment-là ».
Parmi les spectateurs du jour, il y a aussi Edith, 67 ans, habitant à Merville : « Souvent, les jongleurs, on a l’habitude de les voir dans les cirques. C’est plus traditionnel. Là, avec ce type de spectacle, ça évolue, ça change. Il y a aussi des moments de danse. Et les interprètes jouent avec les espaces, et parfois il y a une contrainte car ils sont dans un espace réduit. »
Catherine Willems, responsable de la politique culturelle de la Communauté de communes Flandre Lys, a aussi apprécié la déambulation : « J’ai trouvé très intéressant que le spectacle mette en valeur des lieux de patrimoine, l’église, le Manoir Sainte-Paule, et aussi la bibliothèque. C’était très sympa de se laisser embarquer dans cette déambulation dans les bâtiments et dans le parc. Les cinq interprètes étaient inspirés et créatifs. Ils avaient une bonne énergie et leur spectacle était très visuel, facile à regarder. Il était beau pour les yeux ! C’était un spectacle bien pensé, qui mêle à la fois le jonglage et la danse. Cette déambulation est originale et accessible à tous, les enfants, les adolescents, les adultes et les seniors. C’était agréable de se laisser guider dans cette petite parenthèse de fin de journée, au cœur de l’été. »
De son côté, Asaf Mor est satisfait du spectacle proposé : « Nous sommes carrément contents de la représentation à Laventie. Les espaces étaient super intéressants, avec aussi bien un parc vaste et des espaces intimistes. C’était la première date Plaines d’été pour notre compagnie. Nous allons faire ensuite différents spectacles, pas uniquement « Trajectoires », lors de plusieurs représentations fin août et durant le mois de septembre. Des représentations sont déjà programmées à La Gorgue, Essômes-sur-Marne et Villeneuve-sur-Fère. »
Texte et photos : Olivier Pernot

