Rendez-vous « dans la cabane », avec la compagnie Curupira

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La Compagnie Curupira propose un spectacle à mi-chemin entre cirque et théâtre pour aborder l’autisme et notre rapport à la différence. Dans le cadre des Plaines d’été, ce spectacle créé avant le premier confinement a pu se dévoiler le temps de 6 dates dans les Hauts-de-France.

© Sidonie Hadoux

Il est 15H30 ce mardi 20 octobre 2021. La salle des fêtes de Pérenchies se remplit d’enfants venu.e.s nombreux.ses assister à la représentation du spectacle de la Compagnie Curupira intitulé « Dans la cabane ». Solange Lima, la comédienne, circassienne, s’échauffe en secret, derrière l’impressionnante installation qui trône au milieu de la salle des fêtes.

La représentation du jour est organisée dans le cadre des goûters en famille mis en place par le centre social tous les mercredis après-midis. Les enfants sont assis devant, et les parents ont pris place confortablement sur les chaises placées derrière eux. « Laissez-vous immerger par vos émotions », conseille la présentatrice, « vous allez être embarqués dans une bulle de douceur ».  À peine ces derniers mots prononcés, les premières notes de musique s’échappent de derrière la cabane et Boréal apparait.

Boréal est un enfant qui vit dans son monde. Il s’est construit cette grande cabane pour s’isoler et surtout, pour s’abriter des autres, du bruit, de la différence et de tout ce qui l’effraye et le rend triste. Mélangeant théâtre et cirque, Solange Lima interprète pendant 40 minutes le rôle de cet enfant pas comme les autres. C’est beau, c’est doux, et extrêmement poétique.

« L’autisme est une thématique sensible, explique Solange à la fin du concert, mais c’est une manière de parler de notre rapport à la différence. C’est vrai que cet enfant est différent, et alors ? » Le spectacle émeut. Pour Valérie, venue avec ses deux enfants Alexandre et William, l’histoire de Boréal l’a personnellement beaucoup touchée : « C’est bluffant de voir à quel point la gestuelle nous permet de recevoir des émotions. C’est une histoire sans parole, avec beaucoup de symbolique : on perçoit les différentes étapes du corps jusqu’à sa délivrance. Cela m’a beaucoup ému ».

Et les quelques soixante-dix enfants présents dans le public n’étaient pas en reste d’émotions pendant le spectacle. « C’est trop drôle maman ! » – « Pourquoi il est triste ? » – Oh non, elle va tomber ! » Les rires et les silences en ont dit long. Pari gagné pour la Compagnie Curupira. « Mon thermomètre, ce sont les enfants, avoue Solange, ils sont toujours vrais, et aujourd’hui, ils étaient à fond ! »


Texte et photographie : Sidonie Hadoux

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