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« Or would you rather be a pig ? » *

« I need a little pig ! J’ai besoin d’un petit cochon. Qui veut faire le petit cochon ? »

Cette invitation fit se dresser haut dans le ciel une nuée de petits index frénétiques.

« Moi ! Moi ! Moi ! »

En effet, dimanche 19 juillet 2026, au Tiers lieu du Quartier Ordoner, Neil Sinclair avait apporté les célébrissimes trois petits et un gros navet à bord de son Kamishi-bike. Pour rappel, le kamishibai est un petit théâtre japonais dans lequel on installe des illustrations relatives à une histoire et on enlève les feuilles au fur et à mesure que le récit se déroule.

On aurait pu penser qu’une histoire aussi connue que les trois petits cochons aurait fait chou blanc. Non point ! C’eut été sans compter sur l’énergie foutraque et l’enthousiasme communicatif de Neil Sinclair. Les enfants mais aussi les adultes ont excellé dans les rôles mimés qui leur ont été attribués. Construction de cabanes en paille, bois, puis briques, grignotage de chips devant la télé, le souffle du grand méchant loup (dont il est toujours bon de rappeler que la réputation est fausse), allumage d’un feu, activités fermières et déracinement d’un énorme navet.

« J’ai beaucoup aimé participer, a émis Lucien, 8 ans, en vacances chez sa grand-mère avec sa cousine Salomé. Ça m’a apporté de la joie. » Et quand on lui demande s’il n’aurait pas envie de fabriquer par lui-même un kamishibai, songeur, il répond « Aaaaah mais oui, c’est vrai, je pourrais en faire un. » C’est aussi ça, le rôle de ce genre de spectacles.

Neil Sinclair est un anglais arrivé en France il a 10 ans avec un crochet par l’Australie où il a rencontré sa femme Belge. Avant d’être comédien, il était professeur et il s’est très vite aperçu que pour apprendre, il était primordial de s’amuser.

L’idée du kamashibai lui est venu dans le grenier de sa belle-mère. « La mère de ma femme, explique-t-il en anglais. Nathalie Quintart, elle écrit des livres pour enfants. Et un jour, j’ai découvert qu’elle avait un kamishibai. »

Neil Sinclair ne parle pas français couramment. D’où son parti pris de faire un spectacle bilingue. Ce qui amène le public à parler ou du moins dire et crier quelques mots en anglais. « De cette manière, je peux être plus drôle et fou sur scène, a-t-il expliqué. Il y a beaucoup de potentiel. Les langues ne sont pas une barrière mais une solution. Avant je travaillais à l’académie de Versailles et tout le spectacle était en anglais. Je leur donnais quelques mots clés au début. En rentrant chez eux, ils pouvaient dire quelques mots comme pig et dog. Mais tout en anglais, c’est quand même difficile pour les enfants. Et j’espère qu’ils s’amusent plus qu’ils n’apprennent. Ils participent toujours beaucoup car pour eux, j’ai le rôle de l’idiot. Pas celui de l’adulte sérieux. »

Le public aurait aimé que le show dure plus qu’une demi-heure. D’autant que cette dernière est passée à toute vitesse. Mais tel est le concept des impromptus proposés dans le cadre de Plaines d’été, précieux dispositif soutenu par la DRAC hauts de France.

*  » Préfèrerais-tu être un cochon ?  » parole extraite de Swinging on a star, Bing Crosby.

Texte et photos de Gaëlle Martin

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