« Jongler sans viser la perfection » avec le collectif du Plateau

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Samedi 21 août 2021, la rue Paul Ramadier située dans le quartier du Vieux-Lille s’est transformée en « rue des enfants ». Le dispositif porté par l’association lilloise Pot-en-Ciel invite collectifs et associations à animer une rue d’un quartier, le temps d’un après-midi. C’est dans ce cadre que Gilles, jongleur, membre du Collectif du Plateau a proposé son impromptu « Jongler sans viser la perfection ».

Une corde rouge posée à même le sol délimite la scène. Gilles se prépare pour son premier passage. Il est un peu stressé, nous dit-il. Son spectacle est une expérimentation qui mêle jongle et improvisation. « C’est un risque : je me demande toujours comment le public va interagir. S’il se passe quelque-chose tant mieux, sinon, il faut continuer quand même ».

En face de la scène, des habitantes ont sorti une table et quelques chaises et proposent du café, du thé et des popcorns. Dans la rue, les enfants courent, jouent, expérimentent les nombreux jeux mis à leur disposition : ballons, cordes à sauter, jeux de construction, vélos, planches à roulettes, cerceaux, bilboquets. Pendant ce temps, des adultes intrigués s’approchent du jongleur. Après quelques regards, ils prennent les balles et s’essayent au jonglage, non sans difficulté. Même les policiers municipaux ne résistent pas à montrer leurs talents. Gilles ajustent son micro. Les saxophonistes installés un peu plus loin arrêtent de jouer. Le spectacle va commencer.

« Alors, qui peut me dire ce qu’est une improvisation ? et, le jonglage ? » demande l’artiste au public. Les enfants se lèvent pour venir répondre au micro. Au bout d’un moment de bavardage, le jeune public s’impatiente. Le geste est convenu avec l’artiste. Les enfants agitent leurs menottes pour signifier à Gilles qu’il parle trop. Il se tait et les improvisations recommencent en musique. Les yeux ébahis, le public est captivé et pousse des petits cris d’admiration : « Wouah, il est trop fort ! », lance un groupe de jeunes.

« C’était bien mais bizarre », réagit Lina au micro après le spectacle. « Bizarre pourquoi ? », lui demande Gilles. « Bizarre parce que tu te roules par terre », explique Lina avec amusement.

Entre deux passages, Gilles nous explique que son spectacle a un objectif pédagogique : faire découvrir le jonglage et l’improvisation. C’est aussi une réflexion sur la notion de présent, et sur les mots.  « Entre circassiens, on a notre jargon. Or ça m’intéresse d’entendre le public mettre des mots sur ce qu’il ressent, comme la petite fille qui est venue dire qu’elle avait trouvé ça bizarre ! ».

Gilles est en train de préparer son premier One Man Show de 45 minutes. Pour Plaines d’été, il en propose des petites parties. « Avant Plaines d’été, nous avions fait 6 semaines dans des écoles afin de continuer la recherche sur l’improvisation, explique le jongleur. J’ai vraiment kiffé les interactions avec les élèves et c’est ce qui m’a donné envie d’en faire un spectacle ». La semaine précédente, il jouait pour la première fois devant une centaine d’adolescents à Valenciennes. « Ce qui m’intéresse dans Plaines d’été, c’est le fait de pouvoir jouer pour tous dans des lieux non dédiés et avec des publics différents. À chaque fois j’apprends. »

Et le public de la rue Paul Ramadier semble conquis. « Je les ai sentis présent, déjà ils ne sont pas partis et ils avaient envie de participer », se réjouit Gilles. Son ressenti se vérifie lors du deuxième passage : le public revient nombreux pour regarder les nouvelles gesticulations du jongleur, et ce… malgré la pluie qui commence à tomber. « Ah c’était bien ! Il jongle vraiment bien. Et j’ai aimé la musique ! s’exclame une habitante du quartier. Avant de confirmer : Puis pour captiver les enfants comme il le fait, il faut y aller ! »


Texte et photos de Sidonie Hadoux

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