Agnetz, dans l’Oise, c’est beau et on s’y sent bien. Tout simplement parce qu’il y a plein d’arbres. Paisibles, les habitant·es sont venu·es en masse assister à l’impromptu intitulé « Pour ne pas vivre seules », concocté par le collectif LAMA dans le cadre de la programmation Plaines d’été, dispositif soutenu par la DRAC Hauts-de-Somme.

Le thème de cette forme théâtrale et musicale est, comme le titre le laisse présager, Dalida. La femme et artiste qu’elle fut mais aussi la Dalida qui sommeille en nous. Car nous avons tous·tes quelque chose de Dalida. Marilou et Carole, deux protagonistes sont chacune sosie solitaire de Dalida. Elles aimeraient bien percer. Elles égrainent les concours mais ne gagnent jamais. Chacune taille son sillon indépendamment l’une de l’autre, jusq’au jour où elles se présentent au même concours, avec la même chanson. Aucune ne gagne mais elles réalisent alors que « la meilleure Dalida, c’est ni toi ni moi, c’est nous ». Tour à tour, elles se racontent, narrent et chantent leur histoire personnelle transgénérationnelle avec la chanteuse mythique. Au fil de la performance, le lien qui uni les 2-LIDAS, à la scène comme à la ville, est flagrant, est beau à voir et à ressentir.


« J’ai beaucoup aimé, a confié Kathia, 49 ans, à la fin de l’impromptu. J’aimais Dalida et j’aime aussi le théâtre alors… Leur énergie est communicative. Ça donne envie de rester jusqu’au bout. Et en plus elles chantent bien ! On s’approprie ce qu’elles racontent. On sent qu’elles aiment Dalida. »








Cynthia, 47 ans, ne va jamais au théâtre, ou très peu. Et puis, elle n’aime pas trop qu’on lui demande ce qu’elle a pensé d’un spectacle immédiatement après car elle ne sait jamais quoi dire. « J’habite à côté, je me suis dit que j’allais sortir un peu, » a-t-elle confié en sautant d’un pied sur l’autre, prête à s’enfuir. « J’ai trouvé ça très très bien, a-t-elle néanmoins ajouté. Ça fait du bien d’avoir des choses comme ça dans le village. »



Myriam, 57 ans, quant à elle, est moins timide. « Les filles sont formidables ! Complémentaires dans leur manière de jouer et de chanter. C’est un bel hommage à Dalida avec beaucoup d’humour et de tendresse. Les filles sont pétillantes. On voit le beau lien entre elles, ça transparait. C’est pas facile ce genre de spectacle en plein air, sans micro, sans rien. Vraiment, c’est un beau spectacle ! »
Lol Piret et Ambre Dublé ont eu l’idée de ce spectacle en réfléchissant à un appel à projet pour la journée du matrimoine. « Nous avons fait une liste de femmes de qui nous aurions envie de parler, explique Lol. Bon, nous n’avons pas été retenues pour le projet mais on s’est dit qu’on voulait le faire quand même. Parce que ça faisait sens. On a commencé à monter ça dans le jardin des parents de Ambre. »







Elles ont imaginé cette histoire de sosies. « Les sosies, poursuit Lol Piret, c’est parfait pour parler de Dalida. Et son histoire aussi est intéressante à raconter. »
« Nous avions envie également d’aborder des sujets dont Dalida parlait dans ses chansons, a embrayé Ambre Dublé. Nous avons écouté Dalida à fond dans le jardin et on s’est mises à écrire. » Sur la solitude, l’amitié, l’amour, la loyauté, l’héritage familial et la transmission etc.



« Nous avons nourri les personnages de notre propre histoire, conclu Lol Piret. Tout ce que je raconte sur ma grand’mère est vrai et c’est pareil pour Ambre. Ma grand-mère, a adoré le spectacle, cette histoire d’amour entre ces deux sosies qui se sont trouvées grâce à Dalida. »
Texte et Photos de Gaëlle Martin

