Des voix se mêlent à l’iem Dabbadie

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PLAINES D’ÉTÉFurieux5 mai – Villeneuve d’Ascq

© Olivier Pernot

« C’était un moment avec beaucoup d’émotions. Les jeunes de l’institut y ont bien participé. C’est très positif ». Sébastien Deneux, chef de service éducatif, est enthousiaste après la venue du collectif La Meute à l’Institut d’éducation motrice (IEM) Christian Dabbadie à Villeneuve d’Ascq. Le collectif est venu présenter le travail autour de son spectacle Furieux dans le chapiteau planté dans le grand parc de l’IEM. Claire Pasquier a conçu et mis en scène cette proposition lyrique participative : « Nous sommes partis d’extraits du spectacle que nous avons adaptés suivant le public de l’IEM, des jeunes en situation de handicap. »

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Une vingtaine de jeunes, enfants et adolescents, et plusieurs adultes accompagnants, ont ainsi contribué à cette expérience lyrique dans l’après-midi du 5 mai. La forme participative a permis de créer un lien sensible entre les artistes présents, à l’écoute et bienveillants, et ces jeunes ouverts et souriants. Une bulle de sensations pour leurs corps et leurs esprits.

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Le performeur Bastien Poncelet et la chanteuse lyrique Sarah Théry proposent d’abord de se réveiller le corps et la voix, avec des mouvements de tête, d’épaules, de genoux, de mains, puis avec des exercices de respiration. La chanteuse montre comment prendre de grandes inspirations, puis se lancer dans des expirations qui deviennent des sons, et parfois des cris. Les jeunes, certains plus réservés que d’autres, se lancent progressivement dans les exercices à faire. Comme Anaël, 18 ans : « J’ai adoré le début, tous les exercices et les échauffements. Et moins quand il fallait crier une phrase. »

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Ensuite, Claire Pasquier se place au milieu du cercle que forment les enfants. Elle parle du spectacle Furieux dans lequel il faut « dire une chose qui nous fait du bien ». L’exercice consiste alors à travailler autour d’une phrase à chuchoter, à dire, à chanter ou à scander. Celle des jeunes sera : « Je veux du chocolat chaud ! ». Ils accompagnent leurs phrases de claquements de mains répétitifs. Pour certains, l’exercice de s’exprimer devant tout le monde est difficile. Mathis, 15 ans : « Je ne voulais pas participer à l’atelier mais je voulais quand venir pour voir. Parfois, je chante tout seul, mais je n’arrive pas quand c’est devant tout le monde. »

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Cette séquence se termine tous ensemble au milieu du chapiteau avec des voix qui se mêlent et deviennent une révolution. Ce qui enchante Cyndèle, 16 ans : « Je me suis bien amusée. Au début, j’étais timide et après, le temps que je m’y fasse, ça allait. J’ai aimé la fin de la première partie quand tout le monde participait ! »

© Olivier Pernot

Après une pause goûter, les jeunes sont invités à partager un temps plus calme, spécialement imaginé par les trois artistes. Plusieurs s’installent sur des tapis posés au sol, la lumière est éteinte et une musique cool est diffusée. Le piano apaisant des Gymnopédies d’Erik Satie emporte alors l’assistance dans un état propice à la rêverie et à la relaxation. Bastien Poncelet propose à chacun de fermer les yeux, de se détendre, d’écouter son corps, son cœur, sa respiration. Il raconte doucement l’histoire d’une petite lumière que chacun a en soi. Une lumière qui grandit, sort du corps, prend de l’espace, voyage. Une lumière qui illumine le monde. Ce moment suspendu se prolonge par la diffusion un extrait de la musique du Furieux écrite par Sylvain Rabourdin, puis par un air envoûtant de Vivaldi chanté par Sarah Théry. Mathis a apprécié ce moment : « Je me suis allongé sur un des tapis et je me suis reposé. Mais je ne me suis pas endormi ! J’ai bien aimé la voix de la chanteuse ».

© Olivier Pernot

Pour conclure cet après-midi, la chanteuse lyrique invite tous les jeunes à chanter ensemble. Un dernier moment de partage, autour de la voix. Les enfants repartent contents de leur après-midi. À l’image de Brice-Antony, 10 ans : « J’ai adoré le spectacle, surtout le chant dans la première partie. Même si moi je n’aime pas chanter. Sinon, à la fin, la chanteuse m’a cassé les oreilles. C’était trop fort », dit-il avec plein de malice.


Texte et photos par Olivier Pernot

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