Des « biches » surgissent dans la forêt de Phalempin avec La Cie la pluie qui tombe

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PLAINES D’ETELe Bal des biches11 juillet – La Neuville

Avant de découvrir le spectacle Le Bal des biches, une promenade était proposée dans la forêt de Phalempin. Une dizaine de personnes a ainsi suivi Thierry Depoortère, le maire de La Neuville, dans l’après-midi du dimanche 11 juillet. M. Depoortère connait parfaitement l’endroit qu’il décrit comme « un petit joyau vert aux portes de Lille ». Avant de devenir le premier magistrat du village de 650 habitants, il a été professeur détaché de l’Education nationale et il recevait des classes à l’Ecole de la Forêt, un établissement de la Ville de Lille en plein cœur de la forêt domaniale de Phalempin. Pendant une heure et demie, le guide a expliqué la vie de la forêt et des arbres (chênes, charmes, ormes, hêtres, noisetiers, etc.), le travail des gardes forestiers, il a raconté les oiseaux et leurs chants, les animaux et leurs traces, les champignons et leur rôle dans cette étendue boisée et verdoyante.

© Olivier Pernot

À la fin de la balade, un petit panneau posé au sol indique « Le Bal des biches », tandis que les sonorités douces d’un violoncelle invitent à rejoindre un espace du bois. « En passant dans le chemin, au début de la promenade, j’ai vu le panneau où était marqué « Le Bal des biches ». Je me suis dit : « Ah, tiens, que se passe-t-il ? », se rappelle Caroline, 49 ans. Le groupe de promeneurs se rapproche alors de l’instrumentiste dont la chaise est posée sur un tapis jeté à même le sol. Trois danseuses se dessinent au loin entre les arbres et les branchages de la forêt. Elles arrivent lentement dans leurs grandes robes en velours rouge carmin, portant chacune dans ses mains une tête de biche empaillée.

Arrivées sur l’espace du spectacle, les trois danseuses se lancent dans un ballet, tout en douceur. Gestes lents et poses pour regarder le ciel. Puis elles s’approchent des trois chaises qui les attendent, pendant que le violoncelliste réalise des boucles mélodiques avec son pédalier d’effets. La musique, répétitive et ensorcelante, illumine cet instant suspendu.

© Olivier Pernot

« C’était très émouvant, très beau. Je n’ai pas l’habitude de voir des spectacles et c’était une très belle surprise. Dans ce contexte, dans cet environnement de la forêt. J’étais étonnée, très réceptive et captivée », confesse Michèle, 69 ans, originaire de Camphin-en-Carembault. Elle est venue avec son amie Marie-France, 73 ans, du même village voisin : « Le cadre est superbe. Le spectacle était très beau. Je ne suis pas habituée à voir un spectacle dans un cadre comme ça. Surtout après une belle balade. Belle et très intéressante. »

Une quinzaine d’autres spectateurs s’est mêlée aux promeneurs pour apprécier cet impromptu proposé par la compagnie La Pluie qui tombe. Nathalie Baldo, la chorégraphe du Bal des Biches, décrit sa création comme la rencontre de « la belle et la bête » (chaque danseuse et sa taxidermie de tête de biche), un spectacle conçu comme « une série de petites variations ». Nous pouvons voir notamment les danseuses rire et jouer autour de troncs d’arbre, faire des petits sauts, s’assoir sur les chaises dans un lent cérémonial. Le violoncelliste chante parfois, dans une langue inconnue, dans le micro de son instrument, puis il devient comme fou, offrant des sons désordonnés et désaccordés pour accompagner la danse frénétique des « biches ».

© Olivier Pernot

« Ce spectacle est une très belle découverte, pas trop long et accessible à tout le monde », se réjouit Laurent, 49 ans, le mari de Caroline. Il complète : « C’était inattendu et surprenant. Nous nous sommes retrouvés devant le spectacle et je me suis pris au jeu. » Le couple est venu avec ses deux enfants, dont Gauthier, 14 ans : « Je ne trouvais pas le but de l’histoire… et il y avait de l’improvisation, mais j’ai apprécié, ça allait ! » Claudine, 68 ans, venue d’Attiches, est conquise : « J’ai trouvé cette idée géniale de faire un spectacle dans la forêt. J’ai l’habitude de voir des spectacles dans des salles et celui-là est très original : par le spectacle en lui-même et par le cadre. C’était un super spectacle. Je repars enchantée. Ça m’a fait du bien ! »

© Olivier Pernot

Après les saluts de fin de spectacle, les trois danseuses repartent, tous en mouvements lents, dans la forêt, comme elles étaient venues. Elles ont fait une apparition le temps de cet impromptu comme dans un rêve. Les spectateurs ont apprécié, comme Thierry Depoortère. Après avoir animé la balade dans la forêt, il est resté voir la proposition : « Je suis toujours intéressé par ces spectacles à l’extérieur, dans ce lieu inattendu qu’est la forêt. Il y a une certaine poésie et un message qui passe entre les artistes et les spectateurs. On voit que les artistes sont heureux de partager leur passion. Ça fait du bien en temps de Covid ! »


Texte et photos : Olivier Pernot

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