Aller au contenu

BFF, l’amour à chaque pas

À Saint-Just-en-Chaussée, le bal participatif BFF a fait tomber les barrières entre les générations et les danseurs d’un soir. Sans chorégraphie imposée ni peur de se tromper, petits et grands se sont laissé entraîner sur la piste pour une soirée placée sous le signe du rire, du partage et de la rencontre.

Quoi de mieux qu’un brin de danse après un après-midi passé à chercher un trésor ? Peu de choses. En ce samedi, la compagnie La Ponctuelle proposait aux habitants de Saint-Just-en-Chaussée et alentours de se retrouver autour de quelques pas de danse. Mais attention, comme le précise Perrine, ici, pas de chorégraphie imposée, pas de gros yeux adressés aux danseurs débutants qui s’emmêleraient les pinceaux et aucune sélection par l’âge. BFF, acronyme de Bal Folk Forever, entend bien faire de la danse votre meilleure amie, le temps d’une soirée. 

Pour lancer les festivités, Lucien, Aurore et Perrine se lancent dans une petite chorégraphie. Autour d’eux, les curieux commencent à s’approcher, certains prennent place sur les sièges, quand d’autres regardent leurs amis ou leurs familles du coin de l’œil pour savoir si quelqu’un voudrait bien les suivre dans leur envie d’aller se déhancher.

Et voilà que les trois artistes, une fois leur danse d’ouverture terminée, commencent à appeler à leurs côtés les danseurs téméraires. Avec quelques précautions d’usage.

« Nous allons vous montrer avant chaque danse les points de contact entre les partenaires avec des solutions alternatives », commence Lucien, « Ce qui est certain, c’est que tout le monde va se tromper et nous aussi. Et autre chose : aucune dans n’a été respectée mais on vous dira toujours quoi faire de vos pieds ! », complète Perrine.

Alors dans la salle on se jauge un peu, on voit quelques corps hésiter, quelques personnes quitter lieux, mais voilà que quelques courageux et courageuses foulent la piste pour prendre part à ce « spectacle participatif où on change tout le temps de partenaire ». 

Les danseurs et danseuses se mettent en cercle et les maîtres de cérémonie commencent le découpage des mouvements. Mais avant ça, chacun doit se trouver un acolyte pour danser « le branle des chevaux. » L’un sera che, l’autre sera val, le reste ne compte que très peu, il faut juste prendre du plaisir, lâcher la bride et faire confiance au groupe. Et ça marche.

Plus les minutes passent, plus la ronde s’élargit, sous l’entraînant son de la flûte traversière d’Aurore. Les regards concentrés laissent place à des yeux qui pétillent, et on entend çà et là quelques éclats de rire.

« J’ai ressenti un truc dans moi », lance Lenny « J’suis un 2011 et je n’avais jamais fait ça, j’avais vraiment l’impression d’être un cheval », poursuit-il alors qu’il se dirige vers son groupe d’amies qui n’ont pas perdu une bribe de sa performance, armées de leur smartphone. Elles semblent conquises et à la prochaine danse, Lenny arrivera même à emmener avec lui Leslie, 14 ans : « C’était drôle et puis ça apprend à être avec les autres. »

Apprendre à être avec les autres, passer un moment de complicité et de détente avec des inconnus, voilà peut-être le grand projet de BFF. La danse n’est finalement qu’un vecteur de rencontres, dans une société où la solitude grignote de plus en plus les individus.

Plus la soirée avance, plus les binômes se mélangent, faisant se rassembler des bambins et des retraités, des femmes et des hommes qui ne s’étaient jusqu’alors jamais vus, pour le plus grand plaisir de tous. « C’est beau de voir ces personnes de tous âges en duo qui composent une danse et qui essaient de s’en sortir avec chacun leur handicap », explique Frédérique, qui s’octroie une petite pause avant de repartir sur la piste. 

La prochaine danse sera née en partie grâce à Thierry à qui on a demandé son fromage préféré. Problème, Thierry n’aime pas le fromage mais s’il devait choisir alors il dirait : le comté. Il n’en fallait pas plus pour que le thème de la danse à venir se décline en cette question primordiale « chaussure ou comté ? ».

Les danseurs et danseuses se sont pris au jeu, tout le monde est concentré et les artistes ne peuvent que savourer ce qui est en train de se passer sous leurs yeux « On a l’impression que vous n’allez pas venir danser mais au dernier moment vous venez et on est full ! », se réjouit Lucien.

Les danses s’enchaînent, les gestes deviennent plus fluides et les corps se relâchent. « C’était un très beau moment, on oublie tous les soucis du quotidien, on s’oublie même soi-même. Il ne reste que le partage. Ça donne envie d’être curieux. » conclut Isabelle. « J’espère qu’ils reviendront, BFF forever ! »

Texte et photos : Clémence Leleu

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Étiquettes: