À Avion, place aux doléances de la population

Mercredi 1er décembre 2021, le centre culturel Fernand Léger à Avion (62) a accueilli la compagnie Atmosphère Théâtre pour une représentation de leur « lecture mouvementée » : Les Doléances, écrite par Hélène Desplanques et mise en scène par Marie Liagre.

Il est un peu plus de 15h00 dans la salle de conférence du centre culturel Fernand Léger à Avion (62) quand la joyeuse troupe de cinq comédien.ne.s débutent sa lecture mouvementée. Le public est peu nombreux, mais attentif. « C’est vraiment difficile de faire venir le public en ce moment », réagit Michel Grabowski, Directeur des affaires culturelles de la ville d’Avion. Entre la peur du Covid, et le besoin de divertissement, le public avionnais se fait rare sur des représentations engagées, qui traitent de sujets de société. C’est du moins le constat que fait Michel Grabowski dans sa commune. Les Doléances seront jouées une seconde fois le soir même, à quelques kilomètres de là, en centre-ville, à la salle de spectacle Jean Ferrat.

Pendant 45 minutes, les comédien.ne.s nous replongent dans la lutte des gilets jaunes, à travers le personnage de Claude. Dans la pièce, notre présidente se nomme Madame Macron, et est insensible aux revendications des manifestants. Mais la lecture mouvementée de la compagnie Atmosphère Théâtre porte bien son nom : la mise en scène est rythmée par la lecture des véritables doléances, proposées par Emmanuel Macron en 2019, et écrites par les citoyens de toutes les communes de France. Sur chaque siège d’ailleurs, un petit cahier d’écolier est posé afin de laisser aux spectateurs le loisir de consulter une doléance. « Quelques 282 communes ont participé aux cahiers de doléances dans le Nord, explique l’auteure Hélène Desplanques, or quand je suis allée aux archives départementales, on m’a dit que j’étais la première à les consulter ». C’est de cette surprise qu’Hélène Desplanques a eu envie d’écrire la pièce. « Je voulais que ces mots soient redonnés à l’espace public parce que c’est hallucinant de demander autant d’énergie aux citoyens et de ne rien en faire ! »

À la fin de la représentation, chaudement applaudie, Hélène Desplanques propose un temps de débat avec le public. Les échanges sont nombreux et les réactions du public intéressées. Entre espoirs et indignations, le public exprime ses craintes et son mécontentement à l’égard des politiques. Hélène explique sa démarche et l’origine de la pièce. À l’extérieur, une éclaircie éclaire les immeubles du quartier d’une lumière chaude et orangée. Après la pluie, le beau temps ?


Sidonie Hadoux

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